Homeopathie et femme enceinte

Homéopathie et les neuf mois de grossesse

La volonté de préserver le bébé des médicaments chimiques pendant la grossesse pousse de plus en plus de femmes enceintes à opter pour la médecine douce. Parmi elles, l’homéopathie fait partie des médecines alternatives les plus choisies dans les pharmacies. Les granules, diluées à plusieurs reprises, sont actuellement populaires auprès des femmes enceintes, non seulement pour ses effets qui soulagent les douleurs et les malaises de la grossesse, mais également pour ses capacités à n’engendrer aucun danger pour la patiente et pour son fœtus.

Être enceinte est un évènement très spécial pour une femme. Elle est heureuse, mais cela peut également tourner rapidement à un sentiment de déstabilisation surtout lorsqu’il s’agit d’un premier enfant. C’est normal puisque son corps doit s’habituer à des changements hormonaux. 

Les 3 premières semaines peuvent sembler difficiles, car même si la fécondation ne paraît pas, le corps de la femme subit de nombreuses transformations. Voici les maux remarquables et les traitements homéopathiques adaptés à chaque trouble.

Le premier trimestre et les remèdes homéopathiques

Le saignement nasal et la congestion du nez

La congestion nasale et le saignement du nez chez une future maman peuvent être traités par l’homéopathie. Le traitement s’effectue en fonction des symptômes présentés par la femme enceinte. Son nez peut saigner brusquement.

Le traitement est semblable au traitement de l’épistaxis en automédication si elle n’a plus le temps d’aller chez l’homéopathe. Effectivement, elle peut prendre le China Officinalis pour soulager l’écoulement du sang. Le Phosphorus toutes les 10 minutes donne également de bons résultats. 

Si le sang est filandreux et de couleur plutôt sombre, le mieux adapté est le Crocus Sativus. Si au contraire, le sang est fluide et brillant avec une couleur vive, le Millefolium doit être avalé. Le Crotalus est conseillé si l’hémorragie dégage une très mauvaise odeur accompagnée de couleur noire.

La consultation médicale est nécessaire si le cas se présente fréquemment durant le premier mois de grossesse ou si l’écoulement est très important et impossible à arrêter. Une femme enceinte hypertendue ou sous traitement avec un remède anticoagulant a besoin d’un suivi médical strict.

Envie fréquente d’uriner

Le trouble urinaire chez la femme enceinte constitue un ensemble de signes tel que la pollakiurie (envies fréquentes d’uriner), la dysurie (difficultés pour uriner), la brûlure urinaire (sensation de brûlure et de douleurs du méat urinaires), etc.

Le Mercurius Solubilis est un médicament prescrit pour soigner le trouble urinaire. Il peut venir à bout d’une infection urinaire avec une inflammation sévère des voies urinaires et soigne également les cystites pendant la grossesse. Ce remède est souvent indiqué à 9 CH à raison de 5 granules toutes les heures.

Fatigue

La grossesse et la fatigue vont toujours de pair surtout pendant les trois premiers mois. Cette fatigue disparaît généralement au cours du 2ème trimestre avant de refaire surface au 3ème trimestre. Elle peut, pour certaines, subsister durant tout le temps de la grossesse.

Elle se traduit le plus souvent en hypersomnie provoquée par l’augmentation considérable du taux d’hormone de la grossesse, la progestérone, durant le premier trimestre. C’est plutôt une réaction normale chez le corps de la future maman même s’il est difficile de s’y adapter.

La fatigue peut également se traduire par un état lié à l’anxiété ou la dépression. La patiente ressent une sensation de pesanteur et de relâchement. Elle a tendance à être constipée et à avoir des nausées. La femme enceinte présente aussi un risque de masque de grossesse et dans certains cas des chutes de cheveux.

Le Sepia est le traitement adapté en présence de ces symptômes et il est possible d’en faire une cure de plusieurs semaines sans toutefois dépasser 4 semaines. La consultation d’un spécialiste est toujours utile si la future maman ressent une fatigue intense qui ne disparaît pas après un traitement homéopathique approprié.

Homéopathie et la fatigue

Pertes vaginales

Il est normal d’avoir des pertes vaginales beaucoup plus importantes durant cette période. Normalement, une leucorrhée n’a pas de couleur et d’odeur puisqu’elle est d’origine mycosique.

Il existe quelques remèdes homéopathiques pour réduire la leucorrhée à part les hygiènes de vie qu’il faut adopter au quotidien. Les pertes vaginales de grossesse sont traitées en fonction de sa couleur, du degré d’irritation, etc.

Le Luesinum est indiqué pour des pertes vaginales qui ressemblent à de l’eau et qui sont temment abondantes qu’elles mettent mal à l’aise. Le Borax est à utiliser en présence si elles ont une apparence et texture ressemblant à un blanc d’œuf.

Il est toujours conseillé de voir un professionnel en présence de leucorrhée très abondante même si cette réaction est normale. Il faut noter que si les pertes ont d’autres couleur (jaune, marron teinté de sang, verdâtre, etc.) ou accompagné d’une odeur désagréable, la consultation d’un médecin est vivement recommandée.

Nausées et vomissements

Les vomissements sont très fréquents tout au long du premier trimestre de la fécondation. Plus de la moitié des futures mamans peuvent en souffrir. Même si les professionnels ne parlent que de nausées matinales, ces petits malaises peuvent apparaître à n’importe quel moment.

Ils commencent principalement aux alentours du 5ème ou 6ème semaine de grossesse et ne cessent que lorsque le premier trimestre se termine. Certaines femmes peuvent être affectées jusqu’à leur 22ème semaine de grossesse.

Les vomissements et les nausées sont habituellement sans danger pour la femme et son bébé. Toutefois, si elle n’arrive pas à s’alimenter correctement, elle peut se déshydrater rapidement et risque de manquer quelques nutriments nécessaires. D’où la nécessité des remèdes homéopathiques.

Les maux du deuxième trimestre et ses traitements homéopathiques

Les nausées ont disparu, la femme est moins fatiguée et son humeur est maintenant stable ! Elle peut se sentir mieux et le risque de faire fausse couche n’est plus élevé à partir du 4ème mois de grossesse, le ventre commence à être visible.

Brûlures d’estomac

Les troubles digestifs sont très fréquents une fois que le stade de grossesse atteint cette phase puisque le fœtus commence à prendre de la place dans le ventre de sa mère. Les brûlures d’estomac peuvent s’accompagner de régurgitations acides.

Cela s’explique également par la concentration importante de progestérone qui provoque les aigreurs d’estomac en réduisant son activité digestive. Les homéopathes peuvent prescrire le Robinia pour y remédier au moment des brûlures.

Le Kalium Carbonicum est vivement recommandé si la femme enceinte présente des ballonnements et des renvois. La prise doit se faire 15 minutes avant chaque repas, au moment des brûlures et au coucher.

L’Arsenicum Album calme généralement les remontées acides pendant la nuit et qui sont atténuées à l’aide des boissons chaudes. Il ne faut pas oublier que la consultation d’un spécialiste est toujours recommandée pour une future maman.

Homéopathie et les brûlures d’estomac

Enflures aux pieds et aux jambes

Les enflures situées au niveau des pieds et des jambes sont dues à un mauvais capital veineux. Elles occasionnent une sensation de poids, de tensions dans les membres inférieures. Leur gonflement est inévitable pour une femme enceinte.

Les enflures des jambes sont communes et c’est un « fardeau » circulatoire qui n’en reste pas moins pénible pour les futures mamans. La partie inférieure semble peser plusieurs kilos en plus, les chevilles gonflent et les sensations de tiraillements se pointent inexorablement.

L’homéopathie ne présente ni un risque de malformations pour le bébé ni de contre-indications pour la santé de sa mère. Elle peut en effet être l’une des médecines douces à privilégier en présence de jambes lourdes. 

L’Arnica Montana est généralement conseillé en cas de sensation inhabituel au niveau des pieds et des jambes. L’Hamamelis Virginiana est prescrit lorsque les veines sont douloureuses et dilatées présentant un risque de varice. Le Vipera Redi est indiqué en cas d’enflures des jambes.

La surveillance médicale est néanmoins nécessaire même si les symptômes sont atténués par les remèdes homéopathiques. Le mieux est de consulter un gynécologue ayant suivi une formation en homéopathie si la femme enceinte se soigne avec cette médecine douce.

Les contractions de Braxton-Hicks

Il existe habituellement 2 types de contractions de Braxton-Hicks : les vrais et les fausses contractions. Entre le 4e et le 6e mois du fœtus, les fausses contractions sont très fréquentes rendant la vie d’une femme enceinte inconfortable.

À part les méthodes de relaxation et les petits gestes conseillés, l’homéopathie peut également les réduire. La patiente peut prendre du Chamomilla à chaque fois qu’elle les ressent.

Le Viburnum Opulus est un remède de mise si elle maîtrise bien les divers rouages de l’homéopathie. Le pimbina et l’agripaume sont vivement recommandés si elle préfère prendre les teintures mères. Il faut cependant voir un spécialiste si les contractions se présentent fréquemment et si elles sont très douloureuses.

Constipation et hémorroïdes

La constipation pendant la grossesse et souvent causée par les hormones et la prise de place de l’utérus. Cela provoque un ralentissement de mouvements intestinaux et se manifeste par la diminution quantitative de selles et par la difficulté à l’exonération.

L’homéopathie prend en charge cette pathologie si elle reste bénigne. Dans ce cas, le médicament le plus approprié est le Collinsonnia Canadensis. Ce remède doit être pris à basse dilution.

L’hémorroïde, quant à lui, est un problème qui survient la plupart du temps pendant le deuxième trimestre avant de disparaître complètement quelque temps après l’accouchement. L’Aesculus Hippocastanum ou le Collinsonia est indiqué pour le soulager. Une consultation s’avère nécessaire si les signes ne passent pas puisque cela veut dire qu’un traitement spécifique est indispensable.

Les 3 derniers mois et les remèdes homéopathiques

Le troisième trimestre est le sprint final ! La future maman attend avec impatience le grand jour. Elle peut ressentir un inconfort en liaison avec son corps s’alourdissant de jour comme de nuit. Elle ressent également une grande fatigue comme durant les premiers mois.

Tous ces signes sont normaux même s’il y a un changement physique important et quelques maux fréquents qui peuvent affecter la future mère.

Varices aux jambes

Les varices entraînent la dilatation de veines et ont l’apparence d’un filament sinueux de couleur bleue. Cette déformation des veines se remarque surtout au niveau des jambes. On les appelle « varice de paroi » à cause de l’élasticité des fibres qui ne fonctionne pas normalement.

Les hormones produites se tapissent au niveau de la paroi veineuse pour créer une varice de paroi. Il se peut cependant que l’autre variante, varice de pression, se manifeste chez une femme enceinte, notamment chez celles qui sont hypertendues.

Le but de l’homéopathie n’est pas de guérir cette dilatation veineuse, mais de la réduire et de la rendre supportable pour la patiente. L’Arnica Montana et le Vipera Redi sont deux remèdes homéopathiques intéressants lorsqu’il s’agit de lutter contre les varices. Ces médicaments sont à compléter avec de l’Aesculus Hippocastanum pour un effet garanti.

La consultation d’un médecin est importante si elles provoquent quelques soucis d’esthétique ou si elles sont très douloureuses.

Diabète gestationnel

Certaines femmes présentent un diabète gestationnel vers la fin du 2e trimestre de leur grossesse. C’est une intolérance au glucose due à la production en hausse d’hormones placentaires, de croissance ou de cortisol qui réduisent les effets de l’insuline sur l’organisme.

La patiente ressent une grande fatigue, a toujours soif et urine beaucoup. Cette maladie expose la future mère et le fœtus à divers risques, il convient de bien la traiter. Pour éviter les effets secondaires des médicaments allopathiques, de plus en plus de femmes ont recours à l’homéopathie. Certains remèdes comme le Crataegus Monogyna L'Europatorium ou le Rhus aromatica sont généralement conseillés.

Mis à part le traitement médical, une alimentation saine et équilibrée est nécessaire. Si le médecin ne l’interdit pas, les exercices physiques comme la marche ou la natation sont bénéfiques.

Les 3 derniers mois et les remèdes homéopathiques

Les premiers mois d’allaitement : irritation mammaire

Les premiers mois d’allaitement peuvent être un cauchemar pour la maman, le sein ne s’adapte pas encore tout à fait à son nouveau rôle. La crevasse du mamelon est le mal le plus fréquent. Des plaies se forment et sont très douloureuses lors de la tétée. Pour les inconditionnels de l’allaitement au sein, elle peut cependant être traitée. Les médicaments classiques sont souvent déconseillés pour les femmes qui nourrissent au sein, c’est pourquoi l’homéopathie donne des solutions. Voici quelques pistes qui n’excluent cependant pas la prise de conseil auprès du médecin ou pharmacien spécialiste pour éviter tout risque. 

En cas de forte douleur lors de la tétée, 3 granules de Phytolacca 5CH 3  fois par jour une demi-heure avant le repas peut soulager. Si le mamelon est gercé, prendre Castor Equisetum 4CH avec la même dose. Si par contre il y a une plaie qui saigne, prendre 5 granules du Nitricum Acidum 9CH matin, midi et soir.

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